Par sa nature même, un plan local d’urbanisme normé ne facilite pas l’émergence des projets. Les exigences strictes en matière de hauteur ou de distances par rapport aux limites de propriété peuvent rendre certains projets complexes, voire impossibles à réaliser. De fait, l’exercice de l’instructeur ou de l’instructrice consiste principalement à contrôler de façon binaire le respect d’un projet avec ces règles chiffrées, sous la forme d’une liste d’interdictions. Cela génère de la frustration chez les porteurs de projets et peut compliquer l’émergence d’opérations innovantes. L’urbanisme de projet permet ainsi de passer d’une logique de simples règles à une véritable culture de projet partagée entre les différents acteurs, qui vient modifier profondément le rôle de l’instructeur ou de l’instructrice auprès de ces derniers. L’objectif n’est plus de remplir mécaniquement et réglementairement les articles mais bien de laisser la place à un urbanisme négocié et concerté, fondé sur le dialogue et l’enrichissement collectif.